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L'exposition
au rayonnement |
Lexposition
augmente avec l'altitude, car latmosphère absorbe une partie
du rayonnement cosmique. Elle dépend aussi de la route empruntée
par l'avion. Quant à la dose reçue, elle varie bien évidemment
avec le temps passé en vol. Les personnels navigants des avions
sont par conséquent plus exposés que les voyageurs occasionnels.
Au fur et à mesure que lon gagne en altitude, la couche datmosphère protectrice se faisant plus mince, on est plus exposé au rayonnement cosmique. À laltitude de croisière des avions de ligne, soit 10 000 à 12 000 mètres, le rayonnement cosmique est environ 100 à 300 fois plus intense quau niveau de la mer. A bord du Concorde, qui vole à 18 000 mètres, le débit de dose est quasiment deux fois plus élevé qu'à bord des avions subsoniques.
En raison de la barrière constituée par le champ magnétique terrestre, les particules du rayonnement cosmique sont plus nombreuses aux latitudes élevées, proches des pôles, qu'à proximité de léquateur. En fonction des latitudes de la route empruntée par lavion, on sera donc plus ou moins exposé au rayonnement.
Pour un vol donné, la dose totale de rayonnement cosmique reçue est directement proportionnelle à la durée dexposition, donc à la durée du vol. Des mesures effectuées à bord davions durant les années 1990 ont montré que le personnel navigant (sur des vols long-courriers) reçoit une dose moyenne du même ordre de grandeur que celle due à lexposition à la radioactivité naturelle en France.
Mappemonde
des trajets davion avec les doses reçues Source
: IRSN
En raison de son activité professionnelle, le personnel navigant peut recevoir en un an une dose efficace de quelques mSv. La réglementation européenne adoptée en 1996 impose ainsi aux entreprises exploitant des avions de surveiller lexposition de leur personnel navigant. En France, les pouvoirs publics ont mis le système S.I.E.V.E.R.T. (Système Informatisé d'Evaluation par Vol de l'Exposition au Rayonnement cosmique dans les Transports aériens) à la disposition des employeurs. Cet outil dévaluation des doses a été mis au point par la Direction générale de laviation civile (DGAC) et ses partenaires : l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IRSN), l'Observatoire de Paris et l'Institut français de recherche et de techniques polaires (IPEV).
La directive européenne n° 96-29 EURATOM du 13 mai 1996 a modifié de manière substantielle les normes de protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les dangers résultant des rayonnements ionisants. Elle a été transposée en droit français par lordonnance n° 2001-270 du 28 mars 2001. En savoir plus... La prise en compte de lexposition aux rayonnements naturels est lune des innovations de la directive européenne. Concernant la protection du personnel navigant, l'article 42 prévoit les dispositions suivantes : Chaque État membre prend les dispositions nécessaires pour que les entreprises exploitant des avions prennent en compte lexposition au rayonnement cosmique du personnel navigant susceptible de subir une exposition supérieure à 1 mSv par an. Les entreprises prennent les mesures appropriées, afin notamment - dévaluer lexposition du personnel concerné, - de tenir compte de lexposition évaluée pour lorganisation des programmes de travail, en vue de réduire les doses du personnel navigant fortement exposé, - dinformer les travailleurs concernés des risques pour la santé que leur travail comporte, - dappliquer larticle 10 au personnel navigant féminin. Larticle 10 de la directive concerne la protection particulière pendant la grossesse. Lorsquelle a informé lemployeur de son état, une femme enceinte ne doit plus être affectée à une activité en vol dès lors que la dose équivalente reçue par lenfant à naître jusqu'à la fin de la grossesse est susceptible de dépasser 1mSv.
En France, le Système Informatisé dEvaluation par Vol de lExposition au Rayonnement cosmique dans les Transports aériens -acronyme : S.I.E.V.E.R.T. - est mis à la disposition des compagnies aériennes pour les aider à appliquer larticle 42 de la directive européenne. Ce service, à caractère professionnel, est disponible sur un serveur Internet accessible aux seules entreprises qui en ont fait la demande auprès de la DGAC. Toutefois, une partie publique permet à un passager destimer la dose reçue lors dun voyage. Le système fournit des valeurs dexposition qui tiennent compte des routes empruntées par les avions. Ces valeurs sont calculées à partir de modèles vérifiés sur plusieurs dizaines de vols avec une marge dincertitude satisfaisante. En outre, en cas déruption solaire, le système S.I.E.V.E.R.T. permet den évaluer limpact sur la dose reçue. S.I.E.V.E.R.T. est un outil adapté à la dosimétrie de lexposition du personnel navigant au rayonnement cosmique. Il ne nécessite pas de compétences particulières en matière de radioprotection au sein de la compagnie aérienne. Il ne génère pas de contrainte dutilisation pour le personnel comme cest le cas avec des dosimètres individuels. S.I.E.V.E.R.T. doit permettre une bonne application de la réglementation pour au moins trois raisons. Tout dabord, les résultats obtenus sont suffisamment proches de la réalité pour ne pas sous-estimer les doses reçues par le personnel. Ensuite, le mode dévaluation des doses de rayonnement est le même pour toutes les compagnies aériennes. Enfin, si des vérifications savéraient nécessaires à l'avenir, des calculs de dose rétrospectifs pourraient toujours être réalisés. Le principe dutilisation de S.I.E.V.E.R.T. est simple. Lentreprise prépare un fichier des vols effectués ou envisagés et le dépose à ladresse Internet de S.I.E.V.E.R.T. Le système complète ensuite le fichier en ajoutant la dose reçue lors de chaque vol. Les doses sont calculées, en fonction des caractéristiques des vols, à partir de données dosimétriques validées par l'IRSN. Plus linformation sur la route empruntée est détaillée, plus la valeur de la dose est fiable. Si linformation est minimale, la dose est évaluée à partir dune route standard. A ce stade, les données ne sont pas nominatives et le fichier des doses par vol peut être conservé pour des vérifications ultérieures. Il appartient ensuite aux employeurs de cumuler les doses reçues au cours des trajets effectués par chaque membre du personnel navigant. Ces informations sont mises à la disposition de la personne concernée et communiquées au médecin du travail et à lIRSN.
Au cur de S.I.E.V.E.R.T., lespace aérien, découpé en zones daltitude, de longitude et de latitude, forme une cartographie de 265 000 mailles. A chacune des mailles, l'IRSN a affecté une valeur de débit de dose. Le calculateur de S.I.E.V.E.R.T. évalue le temps passé par lavion dans chaque maille et en déduit la dose reçue. Le cumul des doses reçues dans chaque maille donne la dose reçue lors du vol.
Tous les mois, la cartographie des débits de dose est validée par l'IRSN. Pour cela, cet organisme dispose de plusieurs moyens. Le calcul, tout dabord, permet de renseigner globalement et de façon prévisionnelle chaque maille de lespace aérien en tenant compte des cycles dactivité solaire. Des mesures du rayonnement, à laide de dosimètres installés au sol et dans des avions, permettent ensuite de confirmer et éventuellement de corriger les valeurs obtenues. En cas déruption solaire notable, une cartographie spécifique est créée puis validée. Les astrophysiciens de l'Observatoire de Paris sont alors appelés en renfort pour estimer limpact de léruption. Le délai pour réaliser cette étude complexe est assez long. Il faut donc attendre quelques semaines avant de pouvoir calculer les doses reçues lors des vols effectués pendant léruption.
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