L'exposition au rayonnement
cosmique
dans l'avion
L'exposition augmente avec l'altitude L'exposition varie avec la latitude L'exposition dépend de la durée de vol
La protection du personnel navigant
La réglementation européenne L'évaluation des doses de rayonnement reçues lors des vols Principe d'utilisation de S.I.E.V.E.R.T. Le calcul des doses par S.I.E.V.E.R.T. La validation des données dosimétriques
L'exposition au rayonnement cosmique dans l'avion
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Facteurs d'influence |
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Lexposition
augmente avec l'altitude, car latmosphère absorbe une partie
du rayonnement cosmique. Elle dépend aussi de la route empruntée
par l'avion. Quant à la dose reçue, elle varie bien évidemment
avec le temps passé en vol. Les personnels navigants des avions
sont par conséquent plus exposés que les voyageurs occasionnels.
L'exposition augmente avec laltitude
Au fur et à mesure que lon gagne en altitude,
la couche datmosphère protectrice se faisant plus mince, on
est plus exposé au rayonnement cosmique.
À laltitude de croisière des avions de ligne, soit 10
000 à 12 000 mètres, le rayonnement cosmique est environ 100
à 300 fois plus intense quau niveau de la mer. A bord du Concorde,
qui vole à 18 000 mètres, le débit de dose est quasiment
deux fois plus élevé qu'à bord des avions subsoniques.
L'exposition varie avec la latitude
En raison de la barrière constituée par le champ magnétique terrestre, les particules du rayonnement cosmique sont plus nombreuses aux latitudes élevées, proches des pôles, qu'à proximité de léquateur. En fonction des latitudes de la route empruntée par lavion, on sera donc plus ou moins exposé au rayonnement.
L'exposition dépend de la durée de vol
Pour un vol donné, la dose totale de rayonnement cosmique reçue
est directement proportionnelle à la durée dexposition,
donc à la durée du vol.
Des mesures effectuées à bord davions durant les années
1990 ont montré que le personnel navigant (sur des vols long-courriers)
reçoit une dose moyenne du même ordre de grandeur que celle
due à lexposition à la radioactivité
naturelle en France.
| Pour recevoir une dose d'un millisievert |
|---|
| 17 mois à Paris |
| 9 mois dans le Limousin |
| 7 vols aller-retour Paris-Tokyo ou San Francisco |
| 13 vols aller-retour Paris-New-York en Concorde |
| 1 jour 1/2 à bord de MIR (altitude 400 km) |
Mappemonde des trajets davion avec les doses reçues
Mesures réalisées sur des routes représentatives des différentes
situations d'exposition aux rayonnements cosmiques. Dans les cercles,
est mentionné le débit d'équivalent de dose ambiant
moyen sur le vol en microsieverts par heure (µSv/h). La dose totale est donnée pour un aller-retour en millisievert (mSv), pour le vol Paris-New York, la mesure est effectuée en Concorde.
La protection du personnel navigant
En raison de son activité professionnelle, le personnel navigant peut recevoir en
un an une dose efficace de quelques mSv. La réglementation européenne
adoptée en 1996 impose ainsi aux entreprises exploitant des avions
de surveiller lexposition de leur personnel navigant. En France, les
pouvoirs publics ont mis le système S.I.E.V.E.R.T. (Système
Informatisé d'Evaluation par Vol de l'Exposition au Rayonnement cosmique
dans les Transports aériens) à la disposition des employeurs.
Cet outil dévaluation des doses a été mis au
point par la Direction générale de laviation civile
(DGAC) et ses partenaires : l'Institut de protection
et de sûreté nucléaire (IRSN),
l'Observatoire de Paris et l'Institut français de recherche
et de techniques polaires (IPEV).
La réglementation européenne
La directive européenne n° 96-29 EURATOM
du 13 mai 1996 a modifié de manière substantielle les normes
de protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les
dangers résultant des rayonnements
ionisants. Elle a été transposée en droit français
par lordonnance n° 2001-270 du 28 mars 2001.
En savoir plus...
La prise en compte de lexposition aux rayonnements naturels est lune
des innovations de la directive européenne. Concernant la protection
du personnel navigant, l'article 42 prévoit les dispositions suivantes
:
Chaque État membre prend les dispositions nécessaires
pour que les entreprises exploitant des avions prennent en compte lexposition
au rayonnement cosmique du personnel navigant susceptible de subir une exposition
supérieure à 1 mSv par an. Les entreprises prennent les mesures
appropriées, afin notamment
- dévaluer lexposition du personnel concerné,
- de tenir compte de lexposition évaluée
pour lorganisation des programmes de travail, en vue de réduire
les doses du personnel navigant fortement exposé,
- dinformer les travailleurs concernés des risques
pour la santé que leur travail comporte,
- dappliquer larticle 10 au personnel navigant féminin.
Larticle 10 de la directive concerne la protection particulière
pendant la grossesse. Lorsquelle a informé lemployeur
de son état, une femme enceinte ne doit plus être affectée
à une activité en vol dès lors que la dose équivalente
reçue par lenfant à naître jusqu'à la fin
de la grossesse est susceptible de dépasser 1mSv.
Lévaluation des doses de rayonnement reçues lors des vols
En France, le Système Informatisé dEvaluation
par Vol de lExposition au Rayonnement cosmique dans les Transports
aériens -acronyme : S.I.E.V.E.R.T. - est mis à
la disposition des compagnies aériennes pour les aider à appliquer
larticle 42 de la directive européenne. Ce service, à
caractère professionnel, est disponible sur un serveur Internet accessible
aux seules entreprises qui en ont fait la demande auprès de la DGAC.
Toutefois, une partie publique permet à un passager destimer
la dose reçue lors dun voyage.
Le système fournit des valeurs dexposition qui tiennent compte
des routes empruntées par les avions. Ces valeurs sont calculées
à partir de modèles vérifiés sur plusieurs dizaines
de vols avec une marge dincertitude satisfaisante. En outre, en cas
déruption solaire, le système S.I.E.V.E.R.T. permet
den évaluer limpact sur la dose reçue.
S.I.E.V.E.R.T. est un outil adapté à la dosimétrie
de lexposition du personnel navigant au rayonnement cosmique. Il ne
nécessite pas de compétences particulières en matière
de radioprotection
au sein de la compagnie aérienne. Il ne génère pas
de contrainte dutilisation pour le personnel comme cest le cas
avec des dosimètres individuels.
S.I.E.V.E.R.T. doit permettre une bonne application de la réglementation
pour au moins trois raisons. Tout dabord, les résultats obtenus
sont suffisamment proches de la réalité pour ne pas sous-estimer
les doses reçues par le personnel. Ensuite, le mode dévaluation
des doses de rayonnement est le même pour toutes les compagnies aériennes.
Enfin, si des vérifications savéraient nécessaires
à l'avenir, des calculs de dose rétrospectifs pourraient toujours
être réalisés.
Le principe dutilisation de S.I.E.V.E.R.T. est simple. Lentreprise
prépare un fichier des vols effectués ou envisagés
et le dépose à ladresse Internet de S.I.E.V.E.R.T. Le
système complète ensuite le fichier en ajoutant la dose reçue
lors de chaque vol. Les doses sont calculées, en fonction des caractéristiques
des vols, à partir de données dosimétriques validées
par l'IRSN.
Plus linformation sur la route empruntée est détaillée,
plus la valeur de la dose est fiable. Si linformation est minimale,
la dose est évaluée à partir dune route standard.
A ce stade, les données ne sont pas nominatives et le fichier des
doses par vol peut être conservé pour des vérifications
ultérieures. Il appartient ensuite aux employeurs de cumuler les
doses reçues au cours des trajets effectués par chaque membre
du personnel navigant. Ces informations sont mises à la disposition
de la personne concernée et communiquées au médecin
du travail et à lIRSN.
Au cur de S.I.E.V.E.R.T., lespace aérien, découpé
en zones daltitude, de longitude et de latitude, forme une cartographie
de 265 000 mailles. A chacune des mailles, l'IRSN
a affecté une valeur de débit de dose. Le calculateur de
S.I.E.V.E.R.T. évalue le temps passé par lavion dans
chaque maille et en déduit la dose reçue. Le cumul des doses
reçues dans chaque maille donne la dose reçue lors du vol.
Tous les mois, la cartographie des débits de dose est validée
par l'IRSN.
Pour cela, cet organisme dispose de plusieurs moyens. Le calcul, tout
dabord, permet de renseigner globalement et de façon prévisionnelle
chaque maille de lespace aérien en tenant compte des cycles
dactivité solaire. Des mesures du rayonnement, à laide
de dosimètres installés au sol et dans des avions, permettent
ensuite de confirmer et éventuellement de corriger les valeurs
obtenues. En cas déruption solaire notable, une cartographie
spécifique est créée puis validée. Les astrophysiciens
de
l'Observatoire de Paris sont alors appelés en renfort pour estimer limpact de léruption.
Le délai pour réaliser cette étude complexe est assez
long. Il faut donc attendre quelques semaines avant de pouvoir calculer
les doses reçues lors des vols effectués pendant léruption.

