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Qu'est
ce-que le rayonnement
cosmique ?
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Les origines du rayonnement
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A
la fin du XVIIIe siècle, le Français Charles de Coulomb
remarque qu'une sphère électrisée, bien que
suspendue à un fil isolant, se décharge progressivement.
Cent ans plus tard, en 1900, le physicien britannique Charles Wilson,
étudiant les courants d'ionisation dans l'atmosphère
à l'aide d'un électroscope à feuilles d'or,
propose d'expliquer ses résultats par l'existence d'un rayonnement
provenant de sources situées hors de l'atmosphère.
Plusieurs années de mesures en mer, puis à bord de
ballons, lui montrent une nette augmentation de lionisation
avec laltitude : la Terre reçoit bel et bien un rayonnement
ionisant en provenance du cosmos.
Ce rayonnement cosmique est formé de particules qui se déplacent
à une vitesse proche de celle de la lumière. Il est
constitué de deux composantes, lune permanente, dorigine
galactique, lautre plus sporadique, liée à lactivité
du soleil.
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Une
origine galactique
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La composante permanente du rayonnement cosmique puise son origine
dans la galaxie. Elle est constituée de particules très
énergétiques éjectées par les gigantesques
explosions de supernovæ, étoiles massives parvenues en
fin de vie. Ces particules sont des atomes privés de leurs
électrons en raison des températures régnant
dans ces étoiles géantes. Elles sont de différents
types, essentiellement des noyaux dhydrogène (protons)
et d'hélium (particules alpha), mais aussi des noyaux plus
lourds comme le fer et le nickel. Leur vitesse est proche de celle
de la lumière.
Composition du rayonnement cosmique permanent

| Particules |
Taux |
| noyau
d'hydrogène (protons) |
85% |
| noyau
d'hélium (particules alpha) |
12,5% |
| noyau
d'atomes plus lourds |
1% |
| électrons
|
1,5% |
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Le
rayonnement cosmique galactique est isotrope, cest-à-dire
quil est le même dans toutes les directions. Par conséquent,
toute la surface de la Terre y est exposée en permanence.
Une partie du rayonnement galactique est déviée par
le champ magnétique transporté par le vent solaire.
En effet, l'atmosphère du Soleil laisse échapper en
permanence un flux de particules qui remplit tout le milieu interplanétaire,
que lon appelle le vent solaire. Les caractéristiques,
notamment magnétiques, du vent solaire varient avec l'activité
solaire et induisent un champ qui écarte le rayonnement cosmique
de la Terre. Ainsi, le rayonnement cosmique galactique atteignant
la Terre est moindre lorsque l'activité solaire est forte.
Comme on sait que l'activité solaire suit un cycle de onze
ans, il est possible de prévoir sur plusieurs années
l'exposition au rayonnement galactique.
Cycle d'activité solaire comparé
à l'intensité du rayonnement cosmique
Variation de
l'intensité du rayonnement cosmique galactique observé
au sol de 1959 à 2000, comparée à celle de
l'indice des taches solaires (en pointillés). On voit qu'en
période de forte activité solaire, le rayonnement
cosmique est moins intense, les particules ayant plus de difficulté
à atteindre la Terre.
Source
: IPEV et Observatoire de Paris
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Une origine solaire
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Le soleil est à lorigine de la composante aléatoire
du rayonnement cosmique. Lastre éjecte en permanence
des particules avec une intensité qui varie selon un cycle
de onze ans, ces particules sajoutent au rayonnement galactique.
Cependant ces particules ayant une énergie plus faible que
celles d'origine galactique, seule une petite part d'entre elles atteint
la Terre.
En fait, la principale contribution du Soleil résulte d'éruptions
encore imprévisibles. Les grandes éruptions solaires
libèrent en effet pendant plusieurs heures des particules plus
énergétiques quen activité normale, qui
atteignent donc la Terre en plus grand nombre. Cependant, les éruptions
suffisamment puissantes pour éjecter un flux de particules
détectable au sol ou à bord dun avion commercial
restent exceptionnelles : quelques-unes par an, tout au plus.
Ces éruptions sont liées aux périodes dactivité
solaire maximale, comme en 2000-2001. Le champ magnétique du
Soleil est alors particulièrement perturbé, ce qui se
traduit par lapparition de nombreuses taches à sa surface.
Dans les groupes de taches les plus complexes naissent de grandes
éruptions solaires. Plus fréquentes durant le maximum
du cycle solaire, les éruptions peuvent néanmoins se
produire à tout moment.
Contrairement au rayonnement stable d'origine galactique, les particules
issues des éruptions solaires ne se répartissent pas
uniformément à la surface de la Terre. Pour en déterminer
les effets, il est nécessaire de mesurer leur intensité
et de procéder à des calculs scientifiques au cas par
cas.
En savoir plus...
Caractéristiques des rayonnements
extra-terrestres

| Rayons
cosmiques |
Particules
solaires |
| permanents |
sporadiques |
| particules
très energétiques |
particules
d'énergie moyenne |
isotrope |
anisotrope |
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Le rayonnement dans l'environnement terrestre
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Avant
darriver au sol ou à laltitude de croisière
des avions, le rayonnement cosmique est en partie stoppé par
les deux barrières protégeant la Terre
: le champ magnétique de la planète (créant une
région isolée du vent solaire appelée
magnétosphère) et latmosphère terrestre.
Cest cette double protection qui a permis le développement
de la vie.
Les particules qui atteignent finalement le sol participent à
lexposition aux rayonnements
ionisants ambiants dont elles ne représentent quune
petite partie. Cependant, leur part relative croît rapidement
avec laltitude (montagnes, avions, vaisseaux spatiaux...).
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La protection de la magnétosphère
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Comme toutes les particules chargées
électriquement, les ions qui constituent le rayonnement cosmique
sont orientés ou déviés par les champs magnétiques
comme peut lêtre laiguille dune boussole.
Or, la Terre peut être considérée comme un gros
aimant entouré dun champ magnétique dont les
lignes de force entrent par le pôle Nord pour
sortir au pôle Sud : cest ce quon
appelle la magnétosphère.
Si les particules cosmiques possèdent une énergie supérieure
à un certain seuil, appelé énergie
de coupure magnétique, elles traversent la magnétosphère
et arrivent aux hautes couches de latmosphère. Mais si
leur énergie nest pas suffisante, elles ont alors tendance
à suivre les lignes de force du champ magnétique, avec
dautant plus de facilité quelles
ont moins dénergie, et atteignent ainsi les pôles.
Cest pourquoi les zones situées près des pôles
subissent une irradiation
supérieure à celle de lÉquateur, mieux
protégé par le champ magnétique terrestre.
Schéma
de la magnétosphère, qui protège la Terre des
effets du vent solaire. Le Soleil, dans la réalité beaucoup
plus éloigné, est indiqué à gauche de
la figure. Il émet en permanence un flux de particules, le
vent solaire, qui se heurte au champ magnétique de la Terre.
La magnétosphère, de structure très complexe,
voit sa géométrie varier à la suite des grandes
éruptions solaires. Dans certains cas, le champ magnétique
du vent solaire se recombine avec celui de la magnétosphère
au point 1. Le champ magnétique terrestre est lors perturbé
et des particules stockées dans le feuillet de plasma créent
les aurores boréales et australes. Quelles que soient les circonstances,
en raison de l'ouverture du champ magnétique terrestre aux
pôles, les particules ionisées, qu'elles soient issues
des éruptions ou du rayonnement cosmique galactique, pénètrent
plus facilement aux hautes latitudes.
Adapté
de Pour la Science, juin 2001
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La protection de l'atmosphère
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Arrivant dans les hautes couches de latmosphère terrestre,
les ions interagissent avec les atomes quils rencontrent. De
ces collisions naissent des cascades de nouvelles particules. Cest
ce rayonnement secondaire, composé en particulier de particules
chargées et de neutrons, qui parvient jusquau sol, tout
au moins lorsque la particule primaire a une énergie suffisante.
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Le rayonnement ionisant ambiant au sol
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Au niveau du sol, le rayonnement cosmique ne représente quune
faible part (11 %) des rayonnements
ionisants auxquels est exposé un individu en moyenne.
Les sources naturelles terrestres exposent chacun dentre nous
à une dose moyenne totale de 2,4 mSv par an (source UNSCEAR)
avec dimportantes variations selon les régions. La
principale de ces sources est un descendant gazeux de luranium
naturel, le radon, qui se concentre dans les endroits confinés,
tels que les maisons. On distingue aussi le rayonnement tellurique,
issu des roches de surface, en particulier le granit, qui contiennent
des éléments radioactifs, comme luranium, datant
de la formation de la planète. Leau et les aliments
que nous ingérons contiennent également des éléments
radioactifs. Enfin, il faut aussi citer le rayonnement interne,
cest-à-dire émanant de notre propre corps, à
partir du potassium 40 naturellement présent dans nos tissus.
Par ailleurs, les activités humaines utilisant des rayonnements
ionisants contribuent à une exposition annuelle moyenne
de 1,4 mSv, provenant principalement des activités médicales
(radio-diagnostic et radiothérapie). Lirradiation
médicale moyenne est évidemment dénuée
de toute signification individuelle : elle dépend des examens
et des traitements subis par chacun.
Les sources de la radioactivité
en pourcentage de la dose reçue

Source
: UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic
Radiations)
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